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Mises en plis

Charuma, un jeu de Takashi Saito illustré par Simon Caruso édité par Darucat
Photo Boardgameshot
Charuma, un jeu de Takashi Saito illustré par Simon Caruso édité par Darucat
Photo Boardgameshot

Aujourd’hui sort Charuma, un original petit jeu de plis de Takashi Saito, édité par Darucat.

Et là, vous me dites :
« Darucat, Charuma, y a un lien ? »

Alors oui, mais d’abord je vous explique : il y a presque 1 an, David (éditeur chez Darucat) m’écrit pour me proposer d’illustrer son prochain jeu. Il connaît mon travail, il adore ce que je fais, et il voudrait que sur ce projet je fasse quelque chose de différent. Carte blanche. Du challenge, de la liberté, de la confiance, tout ce que j’aime !

Charuma, un jeu de Takashi Saito illustré par Simon Caruso édité par Darucat

Le brief est clair : un jeu de plis, seulement 2 couleurs différentes, et surtout ne pas thématiser à l’excès. L’objectif n’est pas d’artificiellement coller un univers là où le jeu n’en a pas besoin, et il faut que le public joueur de pli n’ait pas peur de s’y aventurer.

Charuma, un jeu de Takashi Saito illustré par Simon Caruso édité par Darucat

Par ailleurs, Darucat est formé de daruma (la figurine japonaise en forme de moine bouddhiste) et cat (chat, en anglais, vous suivez ?). David me demande donc s’il ne serait pas possible d’associer chacune de ces figures à l’une et l’autre des couleurs du jeu, tout en travaillant l’iconographie pour que le daruma et le chat, une fois fusionnés, forment le nouveau logo de Darucat (donc une refonte de logo en même temps qu’un habillage de jeu). La consigne est pas banale !

Charuma n’est pas un jeu de plis ordinaire : en plus de se jouer cartes visibles (plus deux gardées secrètes en main), il s’agrémente d’une petite phase d’enchères entre chaque manche.

En effet, il va falloir miser pour remporter le droit de jouer avec la main de cartes qui vous paraît la plus intéressante. Oui mais miser quoi ? Eh bien… Les points de victoires que vous avez précédemment amassés !!!

C’est là tout le sel du jeu : il faut réussir à miser peu, ou du moins gagner plus de points que ce qu’on a investi dans une main, qui encore une fois restera à la vue de tout le monde à table.

Autant d’informations avec lesquelles il faut composer, malgré les retournements de situation que peuvent amener les cartes secrètes.

Pour le reste, c’est en remportant des plis que vous gagnez des points de victoire en fin de manche, sachant que peuvent être appelées des cartes seules, ou des paires de cartes (de couleurs identiques ou différentes), que les As sont les cartes les plus faibles à moins d’être face à un 10 de même couleur, etc… 

Charuma, un jeu de Takashi Saito illustré par Simon Caruso édité par Darucat
Photo Boardgameshot
Charuma, un jeu de Takashi Saito illustré par Simon Caruso édité par Darucat

Du coup, comment mettre tout ça en image sans parasiter la mécanique de jeu ? Dès les premières discussions, avec David on a voulu conserver une filiation avec le jeu d’origine. Oui parce que je vous ai pas dit mais Charuma est la localisation du jeu Gear, qu’avait auto-édité au Japon Takashi Saito, avec des illustrations de Qrage.

David a découvert Gear un jour qu’il était de passage chez son distributeur Blackrock Games, et il en est tout de suite tombé amoureux.

Gear avait un univers visuel assez particulier, peut-être pas forcément adapté au marché occidental, mais il y avait dans cet assemblage hétéroclite d’éléments étranges un charme bizarre auquel on a voulu faire référence au travers du matériel de Charuma, à la fois dans mes illustrations mais aussi dans mes graphismes (oui parce que, comme souvent, j’ai aussi fait tout le travail d’iconographies, mise en page, préparation des fichiers pour l’usine, etc.)

Charuma, un jeu de Takashi Saito illustré par Simon Caruso édité par Darucat
Photo JB Guiton
Charuma, un jeu de Takashi Saito illustré par Simon Caruso édité par Darucat
Photo Boardgameshot
Charuma, un jeu de Takashi Saito illustré par Simon Caruso édité par Darucat
Photo Boardgameshot

Techniquement aussi, on voulait faire référence au pays d’origine du jeu. Toujours dans la volonté de ne pas surcharger la mécanique du jeu avec trop d’iconographie, je me suis appliqué à donné un côté organique aux illustrations en m’inspirant de techniques de tampons et sérigraphie (la sérigraphie c’est un truc qui me parle, je vous ai déjà parlé de Donjon & Crayons ?). Le but étant d’avoir un matériel qui respire l’imperfection de l’artisanat, avec des textures, du grain de papier, des tâches d’encre, etc. Faut dire qu’on l’a fait avec amour, ce jeu !

Charuma, un jeu de Takashi Saito illustré par Simon Caruso édité par Darucat

David est tellement allé au bout de son projet qu’il est venu dans notre atelier  (je vous ai déjà parlé de Donjon & Crayons ?) imprimer à la main ses cartes de vœux 2026… aux couleurs de Charuma évidemment.

Sans parler du goodie en origami !

Vous pouvez également vous faire une idée du jeu avec la règle en PDF, ou même en l’essayant sur Board Game Arena.

Bonus : pour faire la promo de Charuma, j’ai même eu la joie d’illustrer un goodie pour le merveilleux Heredity (de Jérôme Cance et Laurent Kobel, illustré par Tania Sanchez-Fortun, Aurelien Delauzun et Florian de Gesincourt, chez le même éditeur) !

L’occasion pour moi de m’essayer à une technique inhabituelle, histoire de me fondre dans cet univers hautement narratif que je vous recommande chaudement.

Un immense merci à David pour sa confiance, sa gentillesse, et ce chouette travail d’équipe qui aura été plus qu’agréable. Foncez vous procurer Charuma, et laissez-vous surprendre !